La précédente charte graphique de la République Française était apparue le 24 septembre 1999, soit 21 ans de bons ? et loyaux services. Basée sur le drapeau tricolore, Marianne s’y inscrit en négatif et faisait figure d’avant garde à la lumière des tendances graphiques que l’on observe aujourd’hui. Mais l’heure d’un ‘polissage’ a sonné. Le grand débat national lancé par Emmanuel Macron a pointé du doigt un problème évident : la lisibilité de l’action de l’État.

Le contexte

La charte précédente avait été légèrement complétée par une circulaire en 2010, qui permettait, tant bien que mal, de greffer les différents intitulés territoriaux au drapeau tricolore dans un système de cartouches en tous genres. C’est dans doute de cette façon qu’est apparue la fragmentation de l’identité de l’État, partagée entre action locale et nationale, sans liaison et cohérence visible.

Lors du grand débat national, les Français ont massivement pointé du doigt la complexité de l’organisation administrative et la difficulté de comprendre ce que le gouvernement, et l’État dans son ensemble, faisaient pour eux au quotidien, écrit le premier ministre. C’est pourquoi […] j’ai demandé une nouvelle stratégie de marque pour l’État.

Édouard Philippe, Premier Ministre, dans une circulaire du 17 février 2020.

Le projet

L’objectif est sans détour, de clarifier les prises de parole de l’État en réaffirmant les emblèmes de la République et en restructurant le ‘bloc-marque’. Celui-ci conserve ses éléments clés. Ainsi on retrouve un bloc Marianne dont la silhouette évolue pour « mieux faire ressortir son profil ». Elle apparaît plus petite, mais montre désormais ses épaules. Suit mention de l’entité qui prend ma parole, en caractère «Marianne» (spécialement créée pour les institutions de État). Enfin, la devise de la République Française, re-dessinée à la main et inspirée des premiers caractères d’imprimerie française.

Côté construction, l’ensemble bascule au format vertical et ferré à gauche, un format pensé pour les nouveaux usages mobiles et digitaux. D’ailleurs, la charte inclut des règles pour l’utilisation des symboles sur les réseaux sociaux, comme la Marianne obligatoire en photo de profil. Le système graphique est ingénieux et permet l’endossement avec d’autres institutions, ce qui permet de garder un ensemble clair de signes sur les supports. Ainsi, c’est près de 500 organes qui vont arborer le logo « République française » aux côtés de leurs propres identités.

La charte complète est disponible sur le site web du gouvernement.

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